Travailler sur son projet professionnel : une affaire de sens, de plaisir et de responsabilité

Travailler sur son projet professionnel, et plus encore sur un projet entrepreneurial, relève d’un engagement profondément humain. C’est un processus qui ne peut être réduit à une simple succession d’actions techniques ou de décisions rationnelles. Il mobilise des dimensions plus intimes : le désir, le plaisir, la relation à soi, à l’autre et à son environnement.

À ce titre, on peut établir une analogie forte : travailler sur son projet professionnel, c’est comme vivre une relation intime.

L’acte en lui-même – qu’il soit professionnel ou personnel – perd de son sens lorsqu’il est déconnecté du plaisir. De la même manière qu’une relation intime dépourvue de plaisir devient mécanique, un projet professionnel construit sans enthousiasme ni désir devient vide, fragile et difficilement soutenable dans la durée.

Dans une relation intime, le plaisir prend toute sa dimension lorsqu’il s’inscrit dans un cadre de sens, de respect et de connexion, ce que l’on pourrait appeler une forme d’« amour », ou du moins une relation sincère entre les partenaires. Sans cette profondeur, le plaisir reste superficiel, éphémère.

Il en va de même pour un projet professionnel : le plaisir de créer, d’entreprendre ou de construire n’a de véritable valeur que s’il s’inscrit dans une relation plus large, une relation à son environnement, aux autres, à un besoin réel, à une utilité sociale ou économique. Autrement dit, un projet qui met l’humain et son environnement au centre.

La logique du vivant : entre intention et incertitude

Poursuivons la métaphore. Les enfants sont le fruit d’une relation. Leur existence repose sur un processus biologique précis, la fécondation, mais dont l’occurrence reste, dans une large mesure, hors du contrôle total des individus. On peut créer les conditions, mais on ne maîtrise ni le moment exact, ni le résultat avec certitude.

Cette réalité nous enseigne quelque chose de fondamental : dans les processus vivants, il existe toujours une part d’incertitude.

Dans la sphère intime, l’être humain apprend ainsi à agir avec conscience, responsabilité et bienveillance, tout en acceptant qu’il ne maîtrise pas tout. Il agit, il choisit, il s’engage… mais il accepte aussi que le résultat soit en partie imprévisible.

L’entrepreneuriat comme processus vivant

Il y a, dans tout projet entrepreneurial, une part que l’on croit maîtriser… et une autre qui nous échappe.

On avance avec des idées, des plans, des intentions. Mais très vite, le projet nous échappe un peu. Il réagit, il se transforme, il prend des directions inattendues.

Comme tout ce qui est vivant. On comprend alors que l’essentiel n’est pas de tout contrôler, mais d’être présent à ce qui se passe.

D’écouter.
D’ajuster.
De continuer malgré l’incertitude.

Entreprendre devient alors moins un acte de maîtrise…qu’un apprentissage de la relation. Une relation avec le réel, avec les autres, et parfois, avec soi-même. Et peut-être que le véritable projet ne se limite pas à ce que l’on construit, mais à ce que l’on devient en le construisant.

Mohiddine LOUKILI

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